Florilège de textes sur trolling, vandalisme et discorde en ligne
Hello folks,
vous êtes sans doute arrivés ici après mon interview avec Vinvin et Jean-Marc Manach au Vinvinteur (épisode 28 : « Les trolls, ce douloureux problème ») de France 5. Ce billet vous propose un petit florilège – amoureusement concocté par Votre Dévoué – de mes articles, interviews et présentations sur le trollage, le vandalisme et les formes de la discorde en ligne. Il s’agit des textes qui ont constitué la base de la version extendend play du « Gros t’chat avec Antonio Casilli ». Ps. Tous les textes sont accessibles en ligne. La seule, remarquable, exception est représentée par le chapitre sur le trolling de mon livre Les liaisons numériques pour lequel, paraît-il, il faut encore débourser des d’€€€ (ou alors il faut être des lecteurs super-motivés…).
Who are the #anarcoinsultazionisti? Insurgent trolling and the politics of discord on Twitter
[Scroll down for French translation]
Are Italian trolls uniting to oust celebrities from Twitter? At least one may think so after witnessing the birth of the satirical hashtag #anarcoinsultazionistingi (“anarcho-insultationists”).
A little background. Much like his French counterpart Laurent Joffrin, Italian newsman Enrico Mentana do not like the informal style of conversations going on in social media. So he left Twitter, because he couldn’t take any more abuse from his “anonymous” followers. Laura Boldrini, the president of the Chamber of Deputies, also fulminated against such examples of “online anarchy”. Yet several public figures expressed their disapproval of their colleagues “claims of immunity”, and invited them to abide by the social codes of the potentially anarchic online platforms. But what did the so-called “anonymous Twitter users” do? They tried to make sense of this new moral panic surrounding trolling, by equating – jokingly – their behaviour to a contemporary manifestation of insurrectionary anarchism.
« Anonimo su Twitter » is the new « anarcoinsurrezionalista ».
— Ermes Cumani (@imdade) May 10, 2013
“’Anonymous on Twitter’ is the new ‘anarcho-insurrectionist’ ”.
There’s a fine line between this little pleasantry and the birth of the anarcho-insultationist ephemeral hashtag. The latter is a perfect implementation of the « lulz » modality of political discord, which the troll ethos is so eagerly advocating. To the Italian ear, « anonymity » and « anarchy » rhyme, like in the lyrics of Addio Lugano Bella, a famous revolutionary chant composed by Pietro Gori in 1895: “Anonymous comrades, friends who remain / the social truths do spread like strong people”. To your ear, dear reader, they probably resonate with what I previously discussed elsewhere: how trolling can be regarded as a symptom of the collapse of the public sphere. Exeunt the modern democratic ideals of civilized discourse, as well as the recognizable spokespersons developing structured arguments. Enter the inappropriate comments polluting the debate, which show that the debate itself is delusional – nothing more than a political superstition. To give you a little food for thoughts, here’s a small selection of tweets (with translation): Read more
[Video] Giornalismo partecipativo: verso la creazione di un cognitariato delle professioni dei media?
Se avete avuto modo di ascolare la mia chiacchierata con Federico Taddia su Radio 24 (a « L’Altra Europa » del 27 aprile 2013) sapete che, nel corso dell’edizione 2013 del Festival Internazionale del Giornalismo, ho partecipato alla tavola rotonda Il citizen journalism tra sfruttamento e democratizzazione in compagnia di Giovanni Boccia Artieri (Università degli studi di Urbino) e di Mafe de Baggis (co-fondatrice di Pleens).
Il video del nostro panel è disponibile qui:
Nouvelles d’ANAMIA : conférences, vidéos et outils de visualisation de données
Je suis actuellement à Québec (plus précisément sur le campus de l’Université Laval) où j’ai été invité à présenter ANAMIA, notre projet ANR sur les communautés anorexiques et boulimiques du Web, dans le cadre du méga-congrès francophone canadien ACFAS. Que Georges Canguilhem ne m’en veuille pas trop, l’intitulé de ma présentation est Le normal et le parfait. Rapport au médical et émergence de normes corporelles au sein des communautés anorexiques du Web (lundi 6, 15h30, salle 3850 du Pavillon Alexandre-Vachon, colloque du CELAT, session « Corps et médias : énonciation, négociation, contestation et réaffirmation, présidée par Madeleine Pastinelli).
Par ailleurs, avec les autres membres du projet, nous venons de lancer en ligne la série de Conférences ANAMIA : des vidéos et des slides de présentations de membres de notre équipe de recherche et de spécialistes français apportant un éclairage sociologique, historique, psychologique sur les Web des troubles alimentaires et sur le phénomène pro-ana. La première vidéo est celle de La minceur, obsession ou danger, conférence de l’historien Georges Vigarello (directeur d’études à l’EHESS et auteur, entre autres, de La silhouette, 2012 ; Les métamorphoses du gras, 2010 ; Histoire de la beauté, 2004). Le montage a été réalisé par Argyro Paouri, de la cellule audiovisuelle du CEM IIAC CNRS/EHESS.
[Conférence ANAMIA] Georges Vigarello « La minceur n’est pas une obsession exclusivement moderne »
Pour terminer, un teaser de quelque chose sur laquelle nous avons travaillé ces derniers mois avec le très talentueux designer Quentin Bréant : un tools de visualisation des données collectées dans le cadre de nos enquêtes sur les utilisateurs de sites Web liés aux troubles alimentaires en France et au Royaume. Nous allons faire une présentation live sur le site Web du projet ANAMIA prochainement. Entre temps (et sans autre explication) voilà une petite galerie… question de vous donner un avant-goût.
Visualisations des données de l’enquête ANAMIA en France et au Royaume-Uni
[Slide + Biblio] Trolling et conflictualité sociale à l’heure du digital labor
Merci à tous les participants du séminaire EPIN – COSTECH qui m’ont accueilli le 18 avril 2013 à l’Université de Technologie de Compiègne. C’était l’occasion pour moi de proposer une présentation qui relie deux des sujets qui occupent mes réflexions ces derniers temps : le trolling et le digital labor. Voilà les slides et une biblio.
Références
•Nicolas Auray, Martine Hurault-Plantet & Céline Poudat (2009) La négociation des points de vue : une cartographie sociale des controverses dans Wikipédia francophone. Réseaux, 27 (1) : 15-50.• Franco Berardi (Bifo) (2010) « Cognitarian Subjectivation »e-flux http://www.e-flux.com/journal/cognitarian-subjectivation/•Zachary Birchmeier, Adam N. Joinson, Beth Dietz-Uhler, « Storming and Forming a Normative Response to a Deception Revealed Online », Social Science Computer Review, vol. 23, n° 3, 2002, p. 108-121.•Antonio A. Casilli (2010) « Que va-t-on faire du troll ? », in Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ?, Paris, Ed. du Seuil.•Antonio A. Casilli (2012) Pour une sociologie du #troll, Bodyspacesociety, 24 mars.•Antonio A. Casilli (2012) Les trolls, ou le mythe de l’espace public, OWNI, 26 juin.•Antonio A. Casilli (2012) Wiki prof de raison, OWNI, 29 oct.•Antonio A. Casilli (2012) Wikipédia (toujours) prof de raison, OWNI, 5 nov.•Antonio A. Casilli (2013) Twitter: s’il vous plaît Votre Sainteté, nourrissez le #troll, The Huffingtonpost, 06 février.•Antonio A. Casilli (2013) Habemus trollum: why the new Pope’s Twitter account ‘mirrors’ its detractors, Bodyspacesociety, 14 mars•Gabriella Coleman (2012) Phreaks, Hackers, and Trolls and the Politics of Transgression and Spectacle, The Social Media Reader, ed. Michael Mandiberg. New York: NYU Press.•Nick Dyer-Witheford (2010) Digital Labour, Species Being and the Global Worker. Ephemera 10 (3/4): 484-503.•Ronda D. Evans (2001) Examining the Informal Sanctioning of Deviance in a Chat Room Culture, Deviant Behavior: An Interdisciplinary Journal, vol. 22, n° 3, p. 195-210.•Martin Grandjean (2012) Débattre sur Twitter : 7 éléments de comportement, Pegasus Data Project, , 31 mai.•Lewis Hyde (2008) Trickster Makes This World: Mischief, Myth, and Art, Farrar, Straus and Giroux.•Trebor Scholz (2012) « Digital Labor: Introduction », in Id. Digital Labor: The Internet as Playground and Factory, New York, Routledge.•Dominique Wolton (2007) Racines oubliées des sciences de la communication, Hermès n° 48.
[Slides] Séminaire EHESS Fred Pailler “Porno et/ou rencontre en ligne” (23 avril 2013)
Pour la sixième séance de mon séminaire Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques (qui a eu lieu le 23 avril 2013 à l’EHESS, Paris), j’ai eu le plaisir d’accueillir Fred Pailler, ingénieur d’études au CEM-IIAC (EHESS) et animateur du blog Sociographie.
TITRE : « P0rn &/or d8 : considérations méthodologiques et épistémologiques sur l’étude des rencontres et des pornographies en ligne »
INTERVENANT : Fred PAILLER (IIAC-CEM EHESS)
RESUME : Il existe une conception idéologique du web qui le scinde en deux régions imperméables l’une à l’autre, le web normal et le web pornographique. On retrouve cette distinction dans l’évidence qui voudrait que pratiques de la rencontre et usages de la pornographie en ligne ne soient pas de même nature et dans le fait qu’elles soient abordées, même par les chercheurs, comme des objets différents. De fait, les choses sont autrement plus enchevêtrées que cela, et, par exemple, nombre d’usages du dispositif technique dans l’optique d’une rencontre sexuelle ou sentimentale (donc implicitement et quasi-systématiquement sexuelle) sont aussi des usages sexuels du dispositif au même titre que peut l’être la pornographie. Tout dépend de la manière dont les documents, les images, les relations et les pratiques affectives seront présentées et interprétées par les sites comme par les internautes, les combinaisons étant pour le coup relativement nombreuses. Sexualités et technologies numériques de la documentation forment ainsi une série d’articulations qui ne suivent jamais une logique univoque qui faciliterait leur description objective. À la place, elles nécessitent pour ceux qui veulent les étudier une mobilité méthodologique et épistémologique dont j’essaierai de délimiter les contours.
Qu’est-ce que le Digital Labor ? [Audio + slides + biblio - MàJ 01 avril 2013]
Audio :
La notion de digital labor fait désormais l’objet de plusieurs publications et colloques de part et d’autre de l’Atlantique. Mais elle reste encore méconnue en France. Le 12 mars 2013, j’ai assuré une intervention lors de la journée co-organisée par la DGT, la DIRECCTE et la Fing Risques et opportunités des transformations du travail à l’ère du numérique. Voilà l’enregistrement audio :
Pour aller plus loin, lien vers Digital labor : portrait de l’internaute en travailleur exploité, l’émission du 8 décembre 2012 de Place de la Toile sur France Culture, que nous avons concoctée avec Xavier de la Porte, Yann Moulier-Boutang et Thibault Henneton.
Slides :
Le 26 mars, à l’invitation d’Alexandra Bidet (CNRS), je suis intervenu sur le même sujet au Collège des Bernardins dans le cadre des travaux du séminaire L’entreprise: propriété, création collective, monde commun (Département EHS).
TITRE : Qu’est-ce que le Digital labor ?
INTERVENANT : Antonio A. CASILLI (Telecom ParisTech / EHESS)
RESUME : La parution récente de l’ouvrage ‘Digital Labor. The Internet as playground and factory’, dirigé par Trebor Scholz couronne plusieurs années de recherches et fait connaître au public international un domaine émergent de réflexion autour de l’économie de la contribution d’Internet. Face aux exaltations du « don et contre-don hi-tech » et du rôle des amateurs (qui avaient marqué les études des usages TIC respectivement de la première et de la deuxième partie des années 2000), les théoriciens du digital labor pointent l’apparition d’activités sur les réseaux socio-numériques lesquelles, en tant que productrices de valeur, peuvent s’assimiler à du travail. C’est un travail banal, non spécialisé et à faible valeur marginale, comme effectuer des recherches sur Google, poster un lien sur Twitter, évaluer un produit. Mais c’est bien l’activité qui permet la création d’énormes bases de données exploitables par les géants du Web comme Facebook, ou fait vivre des plateformes d’externalisation massive du travail (crowdsourcing) comme Amazon MTurk. A partir de ce constat, bien des questions se posent : comment ce « travail numérique » réinterroge la notion même du travail et de la (co)production de la valeur ? peut-on parler d’exploitation ? nos vieux cadres d’analyse, nous permettent-ils de penser ce qui se joue là, voire de définir les contours d’un « capitalisme cognitif » ?
Habemus trollum: why the new Pope’s Twitter account ‘mirrors’ its detractors
On February 2nd, 2013 I wrote this post describing trolling as a defining feature of Pope Benedict XVI’s Twitter presence. After establishing the role of online pontiff-bashing in helping redefine Catholicism, I concluded the Vatican should “feed the trolls”. A week later Joseph Ratzinger resigned. Of course, it’s unrelated. Only an idiot would say there’s a link betweet trolling and papal resignation. And here’s an actual idiot who said just that, in an interview with TIME magazine:
Italian Comedian-Kingmaker Beppe Grillo on Internet and Politics | TIME.com
Soon after the renunciatio, the @pontifex account was semi-discontinued. All tweets uttered in the name of Joseph Ratzinger were deleted, his avatar replaced by the Vatican symbol, the denomination Benedictus XVI supplanted by Sede Vacante (‘Vacant Chair of St. Peter’).
By now, as you know, everything is back to normal, more or less. The cardinals have elected a new Pope, and the pontifical Twitter account is back in the game… with a surprising ALLCAPS message that kind of freaked the hell out of of me. Read more
[Slides] Séminaire EHESS : André Gunthert “Un bilan de la ‘révolution des amateurs’” (19 mars 2013)
Pour la cinquième séance de mon séminaire Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques (19 mars 2013), j’ai eu le plaisir d’accueillir l’historien André Gunthert, directeur du Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic EHESS) et fondateur du média scientifique collaboratif Culture Visuelle.
Voilà les slides de son excellente présentation :
Et in Florence ego: my workshop at the conference ‘The Body and the Web’ (01.03.2013)
‘There is much confusion under the sun. Thus the situation is excellent.’ Which seems rather timely, as I venture back to Italy after a disastrous election and a pontifical renunciation having turned that traditionally reactionary and catholic country into what can be best described as an anarchist’s paradise: no Pope and no government in sight. Ah, if only they kept it on…
Anyway, the reason of my journey is quite unrelated to my political musings. The Fondazione Intercultura has invited me to facilitate a workshop during the international conference The Body and the Web – Tools of intercultural learning, to be held in Florence, from Feb 28th to March 2nd, 2013. Click on the picture for the overall program, or just scroll down this page for an english summary of my workshop.


















