Small data vs. Big Data (séminaire Antonio Casilli, EHESS, 15 févr. 2012, 17h)
La séance du 15 février 2012 de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques (initialement consacrée à l’ouvrage Pour un humanisme numérique de Milad Doueihi qui hélas a eu un empêchement de dernière minute), sera assurée par moi-même (cliquer ici pour s’inscrire). J’aurai donc le plaisir de vous proposer quelques éléments de réflexion sur:

Small data vs. Big data : comment mener des expériences dans les médias sociaux
L’explosion récente des « Big data » (traitement automatique d’énormes bases de données natives du Web) a été saluée par les chercheurs en sciences humaines et sociales comme une véritable révolution. Néanmoins, certaines voix se lèvent pour dénoncer les limites épistémologiques, méthodologiques, et éthiques de cette approche. La méthode ethno-computationnelle développée par Tubaro & Casilli (2010) permet de dépasser ces limites en ayant recours à des petits jeux de données qualitatives (small data) utilisés pour calibrer des simulations multi-agents. Loin de produire des « prophéties », cette approches permet de mener des expériences in silico dans des situations d’information imparfaite et asymétrique. Deux études récentes (l’une relative aux effets de la censure des médias sociaux géolocalisés dans des situations de violence civile, l’autre sur la diversité culturelle sur Facebook) illustreront cette démarche.
Date : mercredi 15 février 2012
Horaire : 17h à 19h
Lieu : salle 587, EHESS, bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris.
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Les textes autour desquels le séminaire s’articulera (téléchargeables en version .pdf) sont :
- danah boyd & Kate Crawford, (2011). Six Provocations for Big Data. SSRN eLibrary.
- Paola Tubaro & Antonio A. Casilli (2010). “An ethnographic seduction” : how qualitative research and agent-based models can benefit each other. Bulletin de Méthodologie Sociologique, n. 106, pp. 59-74.
- Antonio A. Casilli & P. Tubaro (2011). Why Net Censorship in Times of Political Unrest Results in More Violent Uprisings : A Social Simulation Experiment on the UK Riots. SSRN eLibrary.
- Antonio A. Casilli & Paola Tubaro (2010). Légitimation intersubjective de la présence en ligne et formation de réseaux sociaux : Une approche ethno-computationnelle. II Journées d’études du RT 26 (Réseaux sociaux) de l’Association Française de Sociologie Les réseaux sociaux: quoi de neuf ?, 16-17 mars, Université de Toulouse II – Le Mirail.
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Prochaines dates :
- 21 mars 2012 – « Quels enjeux pour les Digital Humanities? » (Pierre Mounier, EHESS)
- 18 avril 2012 – « Etudier l’anorexie en réseau », Paola Tubaro (University of Greenwich, UK)
- 16 mai 2012 – « Politique des algorithmes », (Dominique Cardon, Orange Labs)
Snob.ru : distinction 2.0 ou inégalité en réseau ?
Au hasard de mes explorations en ligne, je découvre Snob.ru, service de réseautage pour « l’élite de la société russe ». Tout comme son homologue international asmallworld.net, ce site créé en 2008 permet à des personnes aisées d’afficher leurs goûts et leurs styles de vie distinctifs dans un cadre valorisant. Sponsorisé par le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, le réseau a été souvent présenté dans la presse internationale comme un repaire de nouveaux beaufs, symptôme de la décadence anthropologique de la Russie de Putin.

Mais il est surtout une mine d’or pour tout chercheur travaillant sur les pratiques de consommation actuelles, et surtout une occasion unique pour mettre à jour certaines notions sociologiques, de la consommation ostentatoire de Veblen à la distinction de Bourdieu, de l‘élite du pouvoir de C. Wright-Mills au rôle de la violence symbolique chez Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.
Some modest remarks on the role of citizen lobbying in defeating #SOPA
So apparently SOPA is dead, for now. If you’ve been following the recent events surrounding this infamous anti-piracy (and anti-free speech) law, you know that’s good news for a lot of people – me included. The way this thing will go down in history is pretty much that “an iniquitous piece of legislation was to be voted, but a 7 million-strong Google petition, a rally in San Francisco and a massive online campaign (including a spectacular 24-hour blackout) defeated it”. Unfortunately, this means downplaying the role of another important element of this story: lobbying.

If you are not aware of how US lobbying works (or, worse, if you are European), let me break it down for you. Lobbying basically means talking to the right persons and influence them in following a certain political line. Sometimes this line is instantiated by a clear gain in terms of funding for politicians – to be used to be re-elected, to promote new policies, public works programmes, or political activity in general. Government resources are scarse, so this keeps the machine running, although in some cases it borders on buying votes. Telecommunication and electronics companies are among the biggest “buyers”.
Communication and electronics sector displays one of the highest and fastest increasing lobbying spending. Source: Sunlight Foundation
Federal Trade Commission: if Facebook cries, Twitter does not laugh
Earlier this week, Facebook settled with the Federal Trade Commission for ‘false and deceptive’ claims about privacy. Zuckerberg has admitted ‘high-profile mistakes’ in handling this matter, and agreed – for the future – to get consumer approval before changing privacy and sharing settings. Of course, there are plenty of ways to circumvent that. But one thing that is slightly harder to go around is 20 years of privacy audit. Yes: during the next two decades Facebook will have to undergo periodic evaluations of its privacy-related practices by third-party auditors. (Hell, that’s being awfully optimistic. Given the present social media bubble, we don’t even know if Facebook will be still around in 5, let alone 20 years…)

How to escape the data gulag: a visual novel about online distributed social networks
You’ve probably heard about the Freedom Box. Also, you have heard about Diaspora*. And sure as hell you have heard that a growing number of persons – and among them, little ol’ me – are becoming increasingly concerned about the centralization, manipulation, and expropriation of users data by Internet Behemoths. So by now you should be aware of the fact that a budding movement of freedom activists, scientists, and lawyers are working on valuable alternatives to the « data gulags » such as Google and Facebook. These alternatives are called distributed social networks. If you’ve never heard about those, here’s your chance to catch-up with the cool kids: an animated online comic novel explaining exactly what a distributed social network is and how you can create one. It is based on a project by computer scientist J. David Eisenberg and artists Sterling Gee and Bruce Mercado. Enjoy and please circulate widely.
Click to play What’s a Distributed Social Network?
Cultures et sociabilités en ligne (slides séminaire EHESS 2011)
Hier, mercredi 16 novembre 2011, première séance de mon séminaire EHESS pour l’année universitaire 2011/12 : Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques. Le séminaire a lieu le 3e mercredi du mois de 17 h à 19 h en salle 587 (bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris). Précision : j’espère que l’EHESS va nous trouver une autre salle : hier elle était pleine à craquer. Ce qui est une bonne nouvelle pour moi, mais pas pour les étudiants qui ont dû suivre le cours assis par terre… Enfin, voilà les slides de ma présentation « Cultures et sociabilités d’Internet : par delà le dualisme en ligne / hors-ligne ».
A century of McLuhan: understanding social media
I was among the invited speakers of the McLuhan centenary conference McLuhan100 Then Now Next at the University of Toronto. So I’m back from a full week of scientific research, art, concerts, and conversations with great contemporary media scholars such as Ian Bogost, Barry Wellman, Arthur Kroker, Jay Bolter, Derrick de Kerckhove, Peppino Ortoleva, Mike Wesch, Joshua Meyrowitz, Michaël Oustinoff, Hervé Fischer. But enough with the name dropping. Here’s my own presentation (slides+text), where I mix up McLuhan, Merton, Facebook and Teilhard de Chardin. Enjoy.
Text of the presentation: Read more
Les vidéos #EDE2011 – Société des réseaux et réseaux sociaux (Porquerolles) enfin en ligne !
Ah Porquerolles… l’île aux réseaux ! Enfin presque, dans la mesure où une vilaine panne de Wifi nous a empêché de livestreamer les conférences de notre Ecole Doctorale d’Eté (EDE2011) qui a eu lieu dans l’amène localité balnéaire du Var du 5 au 9 septembre derniers, et consacrée à la thématique « Société des réseaux et réseaux sociaux : histoire, enjeux et perspectives critiques ». Mais voilà les vidéos des interventions et des ateliers enfin en ligne, grâce au travail infatigable de notre responsable de la valorisation multimédia, Lucas Morlot (auquel revient le (c) des photos qui illustrent ce billet).

Petite table ronde du soir de l’arrivée
L’initiative, née d’une convention entre EHESS et Institut Télécom, est arrivée à sa cinquième édition. Cette année j’ai eu le plaisir de la co-organiser avec Pierre-Antoine Chardel. Pour aborder la thématique des réseaux sociaux nous avons choisi de la structurer en alternant des séminaires (matins et débuts d’après-midi) apportant un éclairage autant empirique que théorique et des workshops transdisciplinaires (après-midis et soirs) dans lesquels élèves ingénieurs ont pu travailler avec des étudiants en SHS sur des mini-projets centrés sur l’analyse des réseaux sociaux.
Les séminaires :
Les séminaires ont fait l’objet d’enregistrements vidéos et de comptes rendus écrits, ainsi que d’un livetweet – prise de note en temps réel sur Twitter, archivé ici: part 1, part 2, part 3) – habilement orchestré par Fred Pailler (@sociographie).
Les séminaires ont présenté des réflexions de pointe ou des travaux en cours de chercheurs et enseignants internationaux.
Nouveau poste : maître de conférences à TELECOM ParisTech !
Chères toutes, chers tous,
La rentrée 2011 est porteuse d’une excellente nouvelle : à compter du 1er septembre, je rejoins le département SES de Télécom ParisTech en qualité de maître de conférences en Digital Humanities ! #yeah


C’est un peu un scoop, même si cet été la nouvelle avait circulé de manière oblique sur Internet à l’occasion de la parution de notre étude sur les émeutes britanniques (par ex. ici, ici ou ici). Pour ceux qui ont suivi mes recherches des dernières années, mon rapprochement aux humanités numériques n’est pas une surprise. J’ai été l’un des signataires du manifeste ThatCamp 2010 et j’ai aussi participé aux travaux du séminaire EHESS Digital Humanities, les transformations numériques du rapport aux savoirs de Pierre Mounier et Marin Dacos. Je ne cesse pas pourtant d’être un sociologue : après tout, les DH sont une big tent : une discipline fédératrice, un domaine de recherche à multiples entrées qui convoque surtout une approche innovante des SHS réconciliant la recherche et la demande sociale.
‘Blame it on Black Culture’: Race, Ethnicity, and Bogus Explanations of UK Riots
by Antonio A. Casilli and Paola Tubaro
During the last week several voices of the international blogosphere have been discussing our study on the impact of social media censorship during the August 2011 UK Riots. As you know if you have been reading our blogs, our work was based on computational methods and aimed at showing possible scenarios of civil violence. We were adamant about the fact that our intention is to provide policy-making tools and a theoretical framework, while data collection about the riots and their possible social determinants is pending.
The hunger for data produces spurious correlations
A few of our readers have been particularly concerned with the fact that, for the time being, evidence is lacking. A particularly virulent one dismissed, in the comments section of a US blog reviewing our research, our results as unsubstantiated « opinions cloaked in technology ». In the current climate of ideological polarization, such attacks are to be considered – albeit epistemologically enticing – politically motivated. As is some of the « swift evidence » the Internet is regurgitating these days.
Exhibit A: the HumStats Blog, sprung from nothing on August 15th 2011, with only one post suggestively titled ’2011 England Riots: Statistics of Ethnicity’: a lengthy statistical tirade highlighting a « strong correlation » between the occurrence of riots and black population (unemployed black population, to be precise) while discarding other socio-economic status indicators as not significant. (The blogger’s profile ‘HumStats’ is frugal to say the least. All we know is that this person is somehow statistics-savvy, but we have no indication as to the blogger’s gender or ethnic background).
Now, this kind of exercises in descriptive statistics is simple to grasp for everyone. Just having a look at summaries such as this one, taken from the blog post in question, an inexperienced reader might be drawn to think that the correlation is there, and – as in many a mind correlation implies causation – bang!… the Black and Afro-Caribbean population of England is automatically to blame for the recent wave of civil violence. What’s more, class conflict is nothing and, apparently, matters of social justice count for peanuts.






