La simulation sociale pour combattre la censure : texte de ma conférence à TEDxParisUniversités

[UPDATE 05.06.2102: La vidéo de mon talk est désormais en ligne sur le site Web des conférences TED. Enjoy & share !]

Le samedi 19 mai j’ai été parmi les heureux conférenciers de l’édition 2012 de TEDxParisUniversités. A cette occasion, j’ai pu présenter au public français les résultats du projet ICCU (Internet Censorship and Civil Unrest) que je mène avec Paola Tubaro, enseignante-chercheuse à l’Université de Greenwich, Londres. L’accueil a été plus que chaleureux : la tweeterie m’a porté en triomphe, j’ai reçu les accolades des organisateurs et je me suis imbibé de l’enthousiasme d’étudiants et de militants de tout bord. J’exagère, mais pas tant que ça (suffit de lire le compte-rendu Storify concocté par Gayané Adourian ;). Voici donc le texte et les slides de mon intervention, en attendant la vidéo.

Aujourd’hui je vais vous parler des effets négatifs de la censure des médias sociaux, en passant par le cas des émeutes britanniques de 2011.

La censure est extrêmement difficile à étudier du point de vue des sciences sociales. Dans la mesure où elle est une interruption de flux d’information, les données relatives à ses conséquences et à son efficacité prétendue sont souvent inaccessibles aux chercheurs. C’est pourquoi nous devons nous appuyer sur une méthode innovante : la simulation sociale. Read more

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Taking liberties: why feeling closer on social media can lead to higher conflictuality

A short note on an apparent paradox highlighted by Ronald E. Anderson on the blog Compassionate Societies. While commenting on a recent PEW survey on the “tone of life” on social networking sites, the author points out two interesting facts :

1)  heavy social media users are prone to conflict (and, more generally, a lot of users experience negative interactions, physical fight and even end up breaking friendships because of online communication)…

2) ..yet overall people declare they feel closer to others, more compassionate and feeling good about themselves.

How can this contradiction be explained? According to the author “social networking is a mixed bag of good and bad”. I, for one, would like to suggest another way of interpreting these results: social media users are not hostile despite the fact they feel closer to one another. Rather, they are hostile because they feel closer. Closeness primarily comes to mean that users approach social media sites with higher expectations about friendship and togetherness. Social networking might thus imply adopting a social style characterized by a hypertrophied sense of intimacy, verging on liberty – like in the expression “taking liberties”: being too friendly in a way that shows a lack of respect to others.

Facebook “friending” rhetoric plays a part in this process, of course: by spreading an irenic vision of harmonious social life, any deviation from emotional proximity is perceived as a major break in the code of communication. In this sense, while interacting in the informal environment of social media, individuals not only fail to cultivate deference, but they even come to think of it as a transgression of an implicit social norm, as a manifestation of distance – or, worse, indifference – that compromises social cohesion and introduces an element of mistrust conducive to conflict.

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Assange, corporate conspiracies, and Wikileaks ultimate contradictions

Monday, October 24th, 2011. While facing a crowd of journalists and activists gathered at London’s Frontline Club for a momentous Wikileaks press conference, Julian Assange looks nervous. Today he has to deal with the inner contradictions of his political project. No, I’m not talking about the legal consequences of his extradition case. Nor about the ongoing fratricidal struggle with his former associate Daniel Domscheit-Berg. Nor about the very polarized reactions to the whole Cablegate undertaking by the global audiences. I’m talking about this…

Yes, Julian Assange has many reasons to be nervous. After the financial blockade, the leak has been reduced to a tickle. « A handful of US finance companies have successfully blocked 95% of worldwide support for WikiLeaks ». Is there, as he implies, a conspiracy against Wikileaks? That would be ironic, as the very implementation of Wikileaks was supposed to single-handedly put an end to conspiracies (according to this seminal 2006 paper, penned by Assange himself). Well, not about as ironic as this: apparently the only way for Wikileaks to counter Bank of America and Paypal is to become as profitable as they are. Open up to « more wealthy donors ». Provide the general public with projections about donations (and, supposedly, tax deductibility). What’s next? Selling shares to new investors via an IPO? Read more

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Six interesting facts about social networking

A few interesting facts about Social Networking Services (mainly Facebook) taken from the recent report issued on June 16 2011 by PEW Internet and American Life. The report, whose title is Social networking sites and our lives is authored by Keith Hampton, Lauren Sessions Goulet, Lee Rainie, Kristen Purcell. Food for thought.

Fact #1: The average age of adult SNS users is now 38.

Sure, as user base increases, the gen Y is ‘caught up’ by gen X-ers, Baby Boomers and the like…

http://pewinternet.org/Reports/2011/Technology-and-social-networks/Summary.aspx

Fact #2: 26% of SNS members are now aged more than 50 (vs. 16% aged 18-22)

Definitely the ‘digital immigrants’ are catching up big time. But this was already clear from the 2009 Generations online Pew Report.

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Friendship changes, but ‘friending’ stays the same across cultures

Following in Judith Donath and dana boyd’s researches on online friendship and drawing on social network analysis of tie formation, this Hui-Jung Chang article sets up to detect cross-cultural variations in ‘friending’ between a US-based service (Myspace) and a Taiwan one (Wretch).

ResearchBlogging.org
Hui-Jung Chang (2010). Social networking friendships: A cross-cultural comparison of network structure between MySpace and Wretch Journal of Cultural Science, 3 (2).

Understandably, Taiwanese and US cultures have different approaches to friendship. The author characterizes Taiwan as a more collectivistic culture where explicit messages and content exchange are less important that  the context (all the information either coded in the physical setting or internalized in the person) for establishing who’s your friend. US, on the other side, is defined as a « low-context », individualistic culture [note: pictures are just random. Neither peace sign nor thumbs up in photos appear to bear any significant effect on friendship formation]. Consequently, Hui-Jung Chang formulates the hypothesis that Taiwanese offline friends networks are larger and denser. Does the same apply to online networks?

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Sociologie en boîte vs. analyse des réseaux sociaux

Mon article « ‘Petites boîtes’ et individualisme en réseau. Les usages socialisants du Web en débat » – que vous pouvez télécharger ici en version PDF – vient d’être publié dans les Annales des Mines, série Réalités Industrielles, dans un numéro spécial Web d’aujourd’hui, Webs de demain (novembre 2010). L’article est un état des lieux du débat sur la socialisation (ou le manque de socialisation) des internautes. En montrant les différentes approches adoptées, et en passant en revue les résultats des études menées notamment par Robert Kraut et par Barry Wellman dans les années 1990-2000, le texte montre comment le débat scientifique a accompagné et expliqué la transition vers le Web social.

Des analyses encore fortement centrées sur les risques de rupture du lien social générés par les TIC ont cédé la place à une perspective emphatisant les potentialités de mise en relation des usagers (…) Sans empêcher les liens d’affinité traditionnels, ce modèle de sociabilité en ligne permet potentiellement d’activer davantage de liens qui apparemment sont les plus faibles. Dans ce contexte, une socialité forte n’est pas déterminée par le niveau de conformité des individus à leur environnement proche, ni par le nombre total de leurs amis. Il s’agit de faire coexister la cohésion sociale au niveau de petits groupes (bonding) et la création de passerelles entre ces mêmes groupes. Cette logique de communication entre composantes éloignées, que l’on désigne par l’expression « jeter un pont » (bridging), serait le propre du Web contemporain. Grâce aux effets de petit monde et aux propriétés de transitivité des réseaux numériques, la société façonnée par Internet, loin d’éclater, se resserre. (…) C’est une envie de cohésion qui anime les internautes, une envie de resserrement de leurs rapports sociaux. C’est aussi une envie de maîtriser et de façonner leur environnement social, tout en respectant certaines contraintes qui leur viennent de la vie hors-ligne. Cela nous conduit à ne pas sous-estimer l’effet spécifique des divers moyens technologiques mobilisés pour assouvir ces envies de sociabilité. En effet, les usages informatiques ne sont pas neutres : dans une réalité façonnée par les TIC, les affinités entre les individus (ou leurs rivalités) ne s’expriment pas de la même façon que dans le monde décrit par les sociologues du 19e siècle. Les analyses récentes sur l’impact du Web se sont heurtées à la nécessité de contextualiser la prétendue désocialisation des internautes au jour des divers cadres d’usage.

Petite précision : Les Annales ont été créées en 1794, ce  qui en fait officiellement la revue la plus ancienne dans laquelle j’ai jamais publié ;)

ResearchBlogging.org
Antonio A. Casilli (2010) « ‘Petites boîtes’ et individualisme en réseau. Les usages socialisants du Web en débat », Annales des Mines (série « Réalités Industrielles »), 216 (4), 54-59

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An ethno-computational approach to pro-ana online communities (powerpoint)

First the French railways strike, then the Eyjafjallajokull volcanic ashcloud. Anyhow, I would NOT have been able to make it to the 6th UK Social Networks Conference in Manchester. This presentation was given on Friday, May 16th, 2010 by my lovely co-author and partner in crime Paola Tubaro (University of Greenwich) who also put it online on her blog. This is a little glimpse into our ongoing work on pro-ana and pro-mia websites for the  ANAMIA research project.

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The sociology of Chatroulette

by Antonio A. Casilli (Centre Edgar-Morin, EHESS) [1]

By now, you might have heard of Chatroulette, if you are hip and tech-savvy if those two things at the sides of your face are your ears. By the way, I hope you did not click on the link. It’s not safe for work. And by that I mean you will be sucked into a world of sheer immorality which will challenge all your values and potentially wreck civilisation. Or (but this is simply my own guess) it will lead you to yet another overhyped internet chat service designed to put you in touch via webcam with random strangers.

Of course, "random" may be synonymous with "dressed like an idiot".

A few facts

So, bottom line, Chatroulette goes something like: you log in, you bump into someone, you evaluate, you click on « next ». Basically, each time you connect you have to ask yourself « Do I like this person? ». If you do, just go on chatting. If you don’t, just « next »  him/her and the service puts you in contact with someone else, anybody else. It might be a teenage boy making faces, or a beautiful girl with a generous cleavage, or an old pervert doing whatever it is that perverts do on-screen. Read more

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Ma présentation Simulating online presence sur Facebook

Apparemment la présentation s’est très bien passée : il y avait du monde, le public a participé et, malgré mes 3 heures de sommeil la nuit d’avant, je suis arrivé à la dernière slide. Le modèle que j’ai présenté simule la formation de réseaux de friends sur Facebook. Surtout j’ai voulu montrer comment certaines formes de mise en scène de soi et de la présence en ligne entraînent des configurations de réseau spécifiques.

Donc voilà le powerpoint de « Simulating online presence : L’apport de la modélisation multi-agent à l’étude de la formation des réseaux  sociaux en ligne », qui est co-signé par moi-même, Antonio Casilli (EHESS) et  Paola Tubaro (University of Greenwich).

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Colloque sur l’histoire à l’heure du numérique (Luxembourg)

Comment faire de l’histoire à l’heure du numérique ? Quels sont les nouveaux outils que l’historien a à sa disposition ? Le colloque L’histoire contemporaine à l’ère digitale vient de s’achever à l’Université du Luxembourg (Sanem / Luxembourg-Ville) – une plongée de 3 jours dans les digital humanities, une discipline très prometteuse.

Vous en trouvez un compte rendu à cette adresse. Bonne lecture.

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