Slides du séminaire EHESS d’Antonio Casilli “Contre l’hypothèse de la fin de la vie privée” (20 nov. 2012)

La première séance de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques pour cette année universitaire a eu lieu le mardi 20 novembre 2012 à l’EHESS. Merci à tou(te)s les participant(e)s pour leur présence, leurs commentaires et leur enthousiasme. Voilà les slides de ma présentation.

TITRE : « Contre l’hypothèse de la ‘fin de la vie privée’ sur les médias sociaux : négociabilité et cyclicité de la privacy »

RESUME : « Au sein de la communauté internationale plusieurs voix se lèvent pour dénoncer l’érosion inexorable de la vie privée dans le  contexte des usages actuels du Web social. En s’adonnant à une surveillance mutuelle et participative, les internautes renoncent-ils volontairement à la protection de leurs données personnelles ? Cette intervention adopte une approche ethno-computationnelle des controverses relatives aux politiques de négociation des paramètres de confidentialité en ligne pour montrer que la vie privée a encore de beaux jours devant elle. Sous certaines conditions, des « cycles de privacy » se mettent en place. Au travers du travail des associations d’usagers et des organismes préposés à la défense de leurs droits, ces conditions peuvent être remplies. »

Lectures :

Susan B. Barnes (2006) A privacy paradox: Social networking in the United States, First Monday, 11 (9)

danah boyd (2008) Facebook’s Privacy Trainwreck: Exposure, Invasion, and Social Convergence, Convergence, 14 (1): 13-20

danah boyd & Eszter Hargittai (2010) Facebook privacy settings: Who cares?, First Monday, 15 (8)

Anders Albrechtslund (2008) Online Social Networking as Participatory Surveillance, First Monday, 13 (3)

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La simulation sociale pour combattre la censure : texte de ma conférence à TEDxParisUniversités

[UPDATE 05.06.2102: La vidéo de mon talk est désormais en ligne sur le site Web des conférences TED. Enjoy & share !]

Le samedi 19 mai j’ai été parmi les heureux conférenciers de l’édition 2012 de TEDxParisUniversités. A cette occasion, j’ai pu présenter au public français les résultats du projet ICCU (Internet Censorship and Civil Unrest) que je mène avec Paola Tubaro, enseignante-chercheuse à l’Université de Greenwich, Londres. L’accueil a été plus que chaleureux : la tweeterie m’a porté en triomphe, j’ai reçu les accolades des organisateurs et je me suis imbibé de l’enthousiasme d’étudiants et de militants de tout bord. J’exagère, mais pas tant que ça (suffit de lire le compte-rendu Storify concocté par Gayané Adourian ;). Voici donc le texte et les slides de mon intervention, en attendant la vidéo.

Aujourd’hui je vais vous parler des effets négatifs de la censure des médias sociaux, en passant par le cas des émeutes britanniques de 2011.

La censure est extrêmement difficile à étudier du point de vue des sciences sociales. Dans la mesure où elle est une interruption de flux d’information, les données relatives à ses conséquences et à son efficacité prétendue sont souvent inaccessibles aux chercheurs. C’est pourquoi nous devons nous appuyer sur une méthode innovante : la simulation sociale. Read more

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“Anamia” social networks and online privacy: our Sunbelt XXXII presentations (Redondo Beach, March 18, 2012)

[This is a joint post with Paola Tubaro’s Blog]

So, here we are in the (intermittently) sunny state of California for Sunbelt XXXII, the International Network for Social Network Analysis (INSNA) annual conference. This year the venue is Redondo Beach and the highlights are both old and new stars of social network analysis:  David Krackhardt, Tom Valente, Barry Wellman, Emmanuel Lazega, Anuška Ferligoj, Ron Burt, Bernie Hogan, Carter Butts, Christina Prell, etc.

Here are our presentations, both delivered on Sunday 18th, March 2012.

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Small data vs. Big Data (slides du séminaire EHESS, Antonio A. Casilli, 15 févr. 2012)

La séance du 15 février 2012 de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques a été l’occasion de proposer quelques éléments de réflexion sur:

Small data vs. Big data : comment mener des expériences dans les médias sociaux

L’explosion récente des « Big data » (traitement automatique d’énormes bases de données natives du Web) a été saluée par les chercheurs en sciences humaines et sociales comme une véritable révolution. Néanmoins, certaines voix se lèvent pour dénoncer les limites épistémologiques, méthodologiques, et éthiques de cette approche. La méthode ethno-computationnelle développée par Tubaro & Casilli (2010) permet de dépasser ces limites en ayant recours à des petits jeux de données qualitatives (small data) utilisés pour calibrer des simulations multi-agents. Loin de produire des « prophéties », cette approches permet de mener des expériences in silico dans des situations d’information imparfaite et asymétrique. Deux études récentes (l’une relative aux effets de la censure des médias sociaux géolocalisés dans des situations de violence civile, l’autre sur la diversité culturelle sur Facebook) illustreront cette démarche.

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‘Blame it on Black Culture': Race, Ethnicity, and Bogus Explanations of UK Riots

by Antonio A. Casilli and Paola Tubaro

During the last week several voices of the international blogosphere have been discussing our study on the impact of social media censorship during the August 2011 UK Riots. As you know if you have been reading our blogs, our work was based on computational methods and aimed at showing possible scenarios of civil violence. We were adamant about the fact that our intention is to provide policy-making tools and a theoretical framework, while data collection about the riots and their possible social determinants is pending.

The hunger for data produces spurious correlations

A few of our readers have been particularly concerned with the fact that, for the time being, evidence is lacking. A particularly virulent one dismissed, in the comments section of a US blog reviewing our research, our results as unsubstantiated « opinions cloaked in technology ». In the current climate of ideological polarization, such attacks are to be considered – albeit epistemologically enticing – politically motivated. As is some of the « swift evidence » the Internet is regurgitating these days.

Exhibit A: the HumStats Blog, sprung from nothing on August 15th 2011, with only one post suggestively titled ‘2011 England Riots: Statistics of Ethnicity’: a lengthy statistical tirade highlighting a « strong correlation » between the occurrence of riots and black population (unemployed black population, to be precise) while discarding other socio-economic status indicators as not significant. (The blogger’s profile ‘HumStats’ is frugal to say the least. All we know is that this person is somehow statistics-savvy, but we have no indication as to the blogger’s gender or ethnic background).

Now, this kind of exercises in descriptive statistics is simple to grasp for everyone. Just having a look at summaries such as this one, taken from the blog post in question, an inexperienced reader might be drawn to think that the correlation is there, and – as in many a mind correlation implies causation – bang!… the Black and Afro-Caribbean population of England is automatically to blame for the recent wave of civil violence. What’s more, class conflict is nothing and, apparently, matters of social justice count for peanuts.

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Une sociologie des émeutes britanniques est (déjà) possible [Updated 01/09/11]

(La version anglaise de ce texte est disponible ici ).

Les émeutes qui ont ébranlé la Grande-Bretagne ces derniers jours ont eu pour effet de provoquer une véritable « chasse aux sociologues ». Suite aux déclarations du maire de Londres Boris Johnson, l’amalgame entre tentatives de comprendre ces soulèvements et machinations pour les justifier s’est désormais imposé. La lettre ouverte du président de la British Sociological Association au quotidien The Guardian n’a pas renversé cette tendance : un climat de panique morale est bel et bien là.

Le billet de blog Is a social media-fuelled uprising the worst case scenario? Elements for a sociology of UK riots, co-écrit par Paola Tubaro et moi-même, n’a rien arrangé à l’affaire non plus. En nous appuyant sur des outils analytiques issus des SHS, nous démontrons que la censure sur Facebook, Twitter et BBM proposée par le Premier ministre britannique David Cameron aura comme conséquence une augmentation du niveau de violence.

Il s’agit d’un exemple de just-in-time sociology pour aider la prise de décision publique dans un moment historique où les libertés démocratiques sont prêtes à être sacrifiées en échange d’un sens de sécurité illusoire. Le texte a suscité beaucoup d’intérêt et de réactions positives ces derniers jours. De milliers de lecteurs, l’ont partagé en ligne et tweeté. Ceci est, dans notre cas, un franc succès : en dehors du monde universitaire, les lecteurs ne sont – paraît-il – que rarement intéressés par un essai de 15.000 signes contenant un apparat assez lourd de graphes, tableaux et un code de logiciel complet… Nos blogs sont des outils d’accompagnement à la recherche, visant surtout un public de spécialistes. Mais enfin, ce bon résultat nous confirme que, malgré les efforts de l’establishment britannique d’instiller une véritable « haine de la sociologie », l’opinion publique a soif de comprendre les mécanismes sociaux à l’œuvre dans la situation actuelle.

Ps. Les excellents retours et commentaires reçus sur le billet, nous ont permis d’affiner l’analyse encore davantage et de finaliser un article scientifique tiré du texte. Why net censorship in times of political unrest results in more violent uprisings: A social simulation experiment on the UK riots est déjà disponible dans l’archive en ligne SSRN (Social Science Research Network), et il a été soumis à une revue scientifique. Croisons nos doigts !

[Update 23/08/11] Notre étude est à aujourd’hui dans la top 10 des plus téléchargées du SSRN (dans plusieurs catégories, telles ‘Computational Models’, ‘Conflict Resolution’, ‘Social & Political Philosophy’, ‘Microeconomic Theory’, etc). Le billet de blog a été aussi traduit en français et publié sur OWNI.fr : Censure des médias sociaux: éléments pour une sociologie des émeutes britanniques.
Voilà aussi une petite revue de presse en ligne, détaillant les principaux sites Web qui ont parlé de nous :

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Is a social media-fuelled uprising the worst case scenario? Elements for a sociology of UK riots

By Antonio A. Casilli & Paola Tubaro. French version provided by OWNI.fr.

“It's time we heard a little bit less about the economic and sociological justifications for what is in my view nothing less than wanton criminality”. (Boris Johnson, public speech London, Aug 9, 2011)

“We are not social scientists. We have to deal with urgent situations” (Paul McKeever, Police Federation Chairman, SkyNews Aug 11, 2011)

“Nowadays sabotaging the social machine involves reappropriating and reinventing the ways of interrupting its networks”. (The Invisible Committee, The Coming Insurrection, Semiotext(e), 2009, p. 112)

This is the first of a series of joint posts of Bodyspacesociety + Paola Tubaro’s Blog. You are kindly invited to visit both websites, featuring plenty of interesting stuff.

Why social media bring democracy to developing countries and anarchy to rich ones?

O sublime hypocrisy of European mainstream media! The same technologies that a few months ago were glorified for single-handedly bringing down dictators during the Arab Spring, are now at the core of an unprecedented moral panic for their alleged role in fuelling UK August 2011 riots. In a recent post, Christian Fuchs rightly maintains:

And, o! exquisite refinement in the ancient art of double standard: the same conservative press that indignantly deplored dictators’ censorship of online communication, now call for plain suppression of entire telecommunication networks – as unashamedly exemplified by this piece in the Daily Mail.

Fact is, moral panic about social media is the specular reflection of the acritical enthusiasm about these very same technologies. They both spring from the same technological determinism that acclaims new gimmicks and buzzwords to smooth away the economic and social roots of unrest.
Having said that, what can we, as social scientists, say about the role of social media in assisting or even encouraging widespread political conflict? Very little indeed, insofar as we do not have data on actual social media use and traffic during riots. It would take months to gather that data – and who can wait for so long in a media environment that spits out “quick and dirty” analyses by the hour?

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Friendship changes, but ‘friending’ stays the same across cultures

Following in Judith Donath and dana boyd’s researches on online friendship and drawing on social network analysis of tie formation, this Hui-Jung Chang article sets up to detect cross-cultural variations in ‘friending’ between a US-based service (Myspace) and a Taiwan one (Wretch).

ResearchBlogging.org
Hui-Jung Chang (2010). Social networking friendships: A cross-cultural comparison of network structure between MySpace and Wretch Journal of Cultural Science, 3 (2).

Understandably, Taiwanese and US cultures have different approaches to friendship. The author characterizes Taiwan as a more collectivistic culture where explicit messages and content exchange are less important that  the context (all the information either coded in the physical setting or internalized in the person) for establishing who’s your friend. US, on the other side, is defined as a « low-context », individualistic culture [note: pictures are just random. Neither peace sign nor thumbs up in photos appear to bear any significant effect on friendship formation]. Consequently, Hui-Jung Chang formulates the hypothesis that Taiwanese offline friends networks are larger and denser. Does the same apply to online networks?

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Friendship on Facebook: an ethno-computational approach (Sunbelt XXX presentation)

Very happy to put online our powerpoint presentation – just delivered at Sunbelt international conference, world’s biggest conference on social network analysis. Thank you to Ilan Talmud (who chaired our session),  to the colleagues, to FB « friends » and to tweeps attending. Great feedback from the room, from Twitter, and even had Barry Wellman blowing a kiss when I mentioned his « little boxes »…

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Sunbelt Conference: Lake, sun and social network analysis, baby!

Just a quick post to tell you I’m heading to Riva del Garda (Italy). Lake, sun and social network analysis, baby!

For those of you who habe been living in a box for the last thirty years, Sunbelt is the official conference of the International Network for Social Network Analysis (INSNA), of which I am a proud member. Click here for more info and stay tuned for Yours Truly’s presentation.

Cheers,

—a

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